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Mon régime – sans sucre, gluten, produits laitiers et alcool

Une grosse partie de mon traitement a été d’éliminer certains aliments de mon alimentation. Maintenant, j’évite le gluten, les produits laitiers, les sucres ajoutés et l’alcool. J’étais initialement horrifiée à l’idée de vivre sans pain, pâtes, desserts et plus encore sans fromage mais ce n’est vraiment pas aussi dur que ça en a l’air.

Avant de rentrer dans les détails de comment je parviens à maintenir ce régime restrictif, permettez-moi de vous expliquer pourquoi on m’a demandé de le faire.

Les bactéries se nourrissent de sucres raffinés donc l’équation est très simple pour celui là. Quand je mange du sucre, ça fait plaisir à mes papilles pendant quelques secondes et après la maladie que j’essaie de maintenir sous contrôle s’en sert pour gagner en puissance. Je n’ai jamais adoré les sucreries de toute façon donc la solution est évidente pour moi.

La situation est un peu plus complexe pour le gluten et les produits laitiers. Certains ont émis la théorie que les pathogènes se nourrissent également de ceux-ci mais la raison principale pour laquelle j’ai cessé d’en manger (sur recommandation de mon docteur) est que ce sont des aliments physiquement épuisant. Vous voyez la somnolence post repas que vous avez après un gros déjeuner ? Imaginez la s’ajouter à un état de fatigue déjà très prononcé. Ce n’est pas un mystère si ces régimes deviennent très populaires. Googlez “régime sans gluten” et vous trouverez des centaines de témoignages de gens expliquant que lorsqu’ils diminuent leur consommation de gluten leur niveau d’énergie augmente (et leur digestion est plus fluide apparemment. Glamour) Mon corps lutte au quotidien contre une bactérie très très têtue donc pour mettre toutes les chances de son côté j’ai pris la décision de lui donner le meilleur carburant possible.

Il y a de nombreux régimes différents pour les malades de Lyme, principalement parce que la maladie va souvent de pair avec des co-infections (comme candida, l’endométriose ou la fibromyalgie) qui elles mêmes nécessitent parfois des régimes spécifiques. J’ai lu que certains médecins recommandent à leurs patients de se priver de viandes, de glucides, de légumes-racines (carottes, pommes de terre, patates douces etc) et d’essayer des régimes faible en graisse mais je dois admettre que je ne suis pas particulièrement adepte de la recherche intensive de régimes pour Lyme car c’est un puits sans fond et anxiogène. J’ai trouvé un régime qui me convient et que je peux maintenir donc je vais m’en tenir à cela pour l’instant. Cela ne veut pas dire que je ne suis pas ouverte à la possibilité de changer mon alimentation, que ce soit pour la restreindre plus ou au contraire pour l’élargir.

Un changement de perspective

Avant mon diagnostic, la nourriture était pour moi simplement une source de plaisir à court terme. Il n’était pas exceptionnel pour moi de manger pour le dîner un bloc de fromage fondu sur une “assiette” de bacon avant de passer la soirée à boire, et je ne payais que très peu de conséquences. Je ne me sentais jamais vraiment mal et ne prenait pas de poids. D’ailleurs quand mon médecin m’a annoncé que je bénéficierais grandement d’un changement de régime ça a été un coup plus dur que le diagnostic lui-même. J’allais devoir apporter un changement que je voyais comme négatif à ma vie quotidienne, me débarrasser de quelque chose d’agréable, et je n’y voyais pas d’intérêt.

Je n’ai pas mis très longtemps à le trouver. En quelques semaines j’avais plus d’énergie et pouvais penser plus clairement, et en quelques mois ma peau s’est éclaircie (bonus sympa) et mes douleurs se sont calmées. Il est évident que ces améliorations m’ont aidée à tenir le régime mais j’ai aussi dû changer ma manière de voir la nourriture. À chaque fois que je consommais un aliment interdit j’en payais le prix et j’ai donc rapidement commencé à la considérer comme du carburant. J’avais le choix entre donner ce carburant à mon corps ou à la maladie.

Bien manger m’a ouvert la porte à prendre soin de moi. Avant Lyme je voyais mon corps comme quelque chose que je traînais avec moi et dont je me servais pour m’amuser (comme la plupart des étudiants je pense). Puis je suis tombée malade et mon corps a commencé à me faire défaut. J’ai dû apprendre à l’apprécier alors même que je n’étais plus aussi mince et qu’il ne cessait de me mettre des bâtons dans les roues. Ça a été particulièrement difficile parce que c’est arrivé à un moment où je n’allais pas très bien mentalement mais à l’époque j’ai réussi à trouver un équilibre. J’avais ajusté mes exigences et il ne m’embêtait pas autant. Mon corps et moi coexistions plus ou moins en paix. Depuis que je mange différemment j’ai dû faire face au fait que mon corps réagit à ce que je lui impose. Je fais donc maintenant volontiers un certain nombre d’effort pour maintenir mes santés physiques et mentales à leurs maximum (j’écrirai des posts sur les efforts en questions).

Des substituts au fait maison

Je me suis rendue compte avec le temps que manger des substituts aux produits exclus n’était pas la meilleure option pour moi. Non seulement parce que j’avais beaucoup de mal à trouver des produits sans gluten qui n’étaient pas bourrés de sucre ou d’additifs en tout genre mais aussi parce que je n’ai jamais pris le même plaisir à manger du pain sans gluten qu’une baguette fraîche. À la place j’ai commencé à vraiment aimer cuisiner, préparer mes repas en avance et me faire des plats délicieux et adaptés à mon nouveau régime. Je ne tire pas exactement le même plaisir de la nourriture qu’auparavant mais mon niveau de satisfaction culinaire est le même, il provient juste d’aliments différents.

Cela ne veut pas dire que je n’ai pas de pain ou pâtes sans gluten dans mon placard, j’en ai presque toujours mais ils ne remplacent pas les produits de base qu’étaient leurs équivalents interdits. Ils sont là parce que parfois j’ai envie d’un toast et que je m’autorise à manger tout ce que je veux dans les limites de mon régime. J’ai remarqué que je n’en ai pourtant que très rarement envie (potentiellement parce que l’ersatz est beaucoup plus cher que l’original). Je dois aussi avouer que je suis loin d’être parfaite, parfois je rêve de pizzas et parfois j’en mange. Elles sont ma faiblesse, le seul plat qui me manque vraiment et la seule exception je fais (parfois).

Et quand je “rate” ?

On me demande souvent ce qu’il se passe si je ne respecte pas mon régime et c’est une question compliquée. Cela dépend de mon état avant et de ce que je mange. De manière générale, le sucre est de loin le pire. J’ai un souvenir très net d’avoir regretté un cookie pendant plus d’une semaine. Mes symptômes ont nettement empirés et j’en ai payé le prix pendant bien trop longtemps. Ça ne valait définitivement pas le coup.

Avec le gluten et les produits laitiers je ne m’en sors en général pas trop mal. J’ai un léger mal de ventre, parfois de la nausée, souvent de la fatigue les quelques jours qui suivent mais si je me sentais bien avant d’en consommer et que je ne travaille pas à l’aube le lendemain j’ai tendance à bien le gérer. Je suis convaincue que cela est dû au fait que je mange sainement 99,9% du temps. Si ce n’était pas le cas les symptômes s’accumuleraient très rapidement.

Mon régime et les autres

Je tenais aussi à mentionner les préjugés sur les régimes restrictifs. Je suis régulièrement jugée par des serveurs (quand je demande si un plat a des produits laitiers ou si je peux l’avoir sans pain par exemple). Il fût un temps où ça m’atteignait beaucoup -j’avais honte et / ou me sentais mal à l’aise- et j’avais une fâcheuse tendance à me fondre en excuses. Maintenant (tout en restant très polie évidemment, je suis bien consciente que je complique leur travail), j’ai bien plus confiance quand je commande de la nourriture au restau. J’ai appris à apprécier mon régime car j’en vois les effets et il m’est donc plus simple de me sentir à l’aise avec celui-ci. Je vis en ce moment au Royaume-Uni et je dois dire que c’est notablement plus simple ici qu’en France. Je suis non seulement considérablement moins jugée, mais l’industrie alimentaire est bien plus adaptée à mes besoins.

Le fait que les régimes sans gluten / lactose soient très à la mode en ce moment joue en ma faveur car les gens y sont de plus en plus confrontés. C’est aussi un sacré inconvénient car on me soupçonne souvent de faire la fine bouche, de le faire pour perdre du poids ou de suivre une tendance. Je ne pense personnellement pas que ces motivations soient des fondements justifiés de jugement mais apparemment il est acceptable de condamner autrui pour ses choix d’alimentation. Cet inconvénient est l’un des nombreux cadeaux des maladies invisibles (je ferai un post sur ce sujet).

La sobriété

Pour ce qui est de l’alcool (le grand oublié de l’article), j’ai beaucoup moins à dire. Je n’en bois pas car c’est plein de sucre et que mon foie a déjà du mal à tenir le coup sans que je lui ajoute un fardeau supplémentaire. La seule chose qui me manque c’est de boire un verre de bon vin, mais seulement quand je pense spécifiquement à ça (parce que quelqu’un me pose la question). Regarder les autres boire ne me donne pas envie (je suis très contente avec mes jus, tisanes ou mon eau) et je n’ai jamais envie de me saouler. La seule chose qui m’embête vraiment c’est l’impact que la sobriété a eu sur ma vie sociale, mais je ferai un post spécifiquement sur le sujet parce que celui-ci commence à être bien longuet.

Pour résumer : non vous n’avez pas à être désolés pour moi, oui manger est toujours un plaisir pour moi, j’aime probablement plus mon alimentation que vous la vôtre parce qu’en plus de satisfaire mes papilles elle me maintient en bon état et je vous promets que ça n’est pas aussi compliqué que ça en a l’air.

En bonus, les aliments de base de mon alimentation :
  • pommes de terre / riz / quinoa / patates douces
  • haricots rouges / jaunes / noirs (etc) / fève / lentilles normales et corail / pois chiches / petits pois / maïs
  • concombres / carottes / tomates / radis / champignons / salades / endives
  • courgettes / poireaux / oignons / haricots plats et verts / choux fleurs / brocolis + légumes de saison
  • olives
  • Noix / noix de cajou / noisettes / noix de macadamia / noix du Brésil…
  • Graines en tous genre
  • Lait de coco (et récemment yaourt de coco)
  • Bouillon végétal
  • Pommes / clémentines / mangues / kakis / nectarines /  prunes / pruneaux /  ananas / bananes / fruits rouges surgelés + fruits de saison
  • Épices diverses et variées

 

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