Français · Lyme

Mon Lyme, de 2015 à 2018

Le 4 Juillet certains célèbrent leur indépendance. Moi je commémore le jour où j’ai été mordue par la tique qui m’a transmis la maladie de Lyme.

Je travaillais à l’open de Golf masculin en tant qu’hôtesse. Je portais un uniforme rose pétant et je devais me promener avec une tablette pour demander aux gens de remplir un sondage pour l’entreprise qui m’avait embauchée. Je n’ai pas le souvenir d’une journée incroyable mais c’était plutôt bien payé et je faisais ma réserve de vitamine D.

Plus tard ce soir-là j’ai remarqué une marque rouge sur mon ventre qui ressemblait à une piqure d’insecte et n’y ai pas fait plus attention que cela. J’aurais vraiment dû parce que cette journée a marqué le début d’une année d’errance médicale.

Ma première crise de Lyme eu lieu à peu près 3 semaines plus tard.  (J’ai appris plus tard que c’était probablement une réaction de Jarisch-Herxheimer causée par la quinine contenue dans le schwepps du Gin Tonic que j’avais bu ce soir là). J’étais dans un bar avec deux amies quand j’ai commencé à sentir mon torse me gratter et devenir brûlant. Au bout de quelques minutes mon dos et mes épaules étaient paralysés de douleur et j’étais morte de trouille.

J’ai fini à l’hôpital après la pire nuit de ma vie, on m’a mise sous perfusion d’anti-douleurs inutiles et fait des prises de sang. Les docteurs ont rapidement établi que j’avais une inflammation quelque part mais ne pouvaient pas l’identifier. Je suis restée à l’hôpital pendant trois jours, mon état s’améliorant doucement malgré l’absence de traitement. Durant ces trois jours, une batterie de tests a été réalisée, chacun laissant les médecins plus perplexes les uns que les autres.

Le matin du troisième, la chef de service est venue dans ma chambre et m’a posée une série de questions. Elle m’a dit que j’avais la maladie de Lyme et m’a prescrit trois semaines d’antibiotiques et un test Elisa qui est revenu négatif.

Mon histoire aurait dû se terminer là.

J’ai religieusement pris mes médicaments (avec pour seule légère inquiétude celle que mes dents jaunissent) et évidemment quelques semaines plus tard j’ai fait une nouvelle crise, avec exactement les mêmes symptômes. Je suis retournée à l’hôpital, ai refait des tests et suis repartie quand je me sentais mieux, sans diagnostic.

Quand j’ai fait ma troisième crise le soir d’Halloween, je n’avais plus beaucoup d’espoir en allant à l’hôpital, mais j’avais aussi beaucoup moins peur. Je savais que ça allait passer. Je me rendais surtout bien compte que j’étais un dérangement pour les médecins. Ils avaient dans leurs mains les résultats de dizaines de tests et n’espéraient plus parvenir à trouver l’origine de mes résultats douteux.

La question de Lyme revenait à chaque fois se poser mais dès que je leur disais que j’avais pris un traitement antibiotique on m’assurait que ça ne pouvait pas être ça. La bactérie avait été tuée. La maladie de Lyme n’existe pas sous sa forme chronique. Donc je rentrais chez moi.

Après cette crise j’ai finalement fait le lien entre le schwepps et les crises qui m’envoyaient à l’hôpital, donc j’ai arrêté d’en boire et j’ai continué ma petite vie. Sauf que les symptômes s’y sont insidieusement intégrés (prise de poids, anxiété, douleurs dans le dos, maux de tête, sensibilité à la lumière, pertes de mémoire, brouillard cérébral, jambes lourdes, fatigue chronique et j’en passe).

Très rapidement j’ai commencé à avoir du mal à me reconnaître. Je pensais et ressentais des choses qui ne me ressemblaient pas et mon corps ne semblait plus m’appartenir. J’ai à peine réussi à trouver la force de me convaincre que j’avais drastiquement changé et que je devais apprendre à vivre avec.

Mes parents n’ont pas abandonné et ont fait des recherches sur la maladie de Lyme. Ils sont entrés en contact avec France Lyme qui leur a donné le nom d’un médecin. Ils m’y ont emmenée, presque de force, et elle m’a diagnostiquée, un an après que j’ai été piquée.

J’ai pris des antibiotiques pendant environ 6 mois, avec des moments plus compliqués que d’autres. Au bout d’environ deux mois mon médecin m’a suggéré d’éliminer le gluten, les produits laitiers et le sucre de mon alimentation. J’ai vite retrouvé un peu d’énergie. Mes symptômes étaient présents mais diminués, je pouvais enfin dormir moins de 15 heures par nuit sans avoir l’impression que j’allais m’effondrer et les douleurs se sont calmées.

La première fois que j’ai arrêté les antibios mes symptômes sont revenus plus forts que jamais après à peine deux semaines. Je pense que c’est à ce moment là que j’ai réalisé que je ne me débarrasserais jamais de Lyme. J’ai recommencé un traitement (avec effets secondaires en bonus) et dès que j’ai pu l’arrêter je me suis tournée vers une alternative naturelle.

J’ai commandé mon Tic Tox -un cocktail d’huiles essentielles qui luttent contre la bactérie- dans une pharmacie en Allemagne, car la vente en est interdite en France. Après quelques semaines j’ai trouvé une aromathérapeute qui me fait un mélange sur mesure. Je remplis moi-même mes quatre gélules quotidiennes. J’ai toujours des symptômes, certains pires que d’autres, mais je n’ai pas eu besoin de reprendre des antibiotiques depuis environ un an.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

w

Connecting to %s